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 [Intrigue] Dans les bois

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Maître des Cartes


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Date d'inscription : 09/01/2013

MessageSujet: [Intrigue] Dans les bois   Mer 14 Mai - 19:02
Encore une longue journée qui s’achevait, le soleil somnolait déjà sur la ligne d’horizon teintant d’une couleur orangée-rose le ciel et tout ce qui l’entourait. Une vision idyllique, parfaite pour un peintre ou un artiste. Qui devait sûrement inspirer les poètes et autres troubadours.

Lui n’avait pas le temps pour ces conneries à deux francs six sous. Chanter comme la vie est belle et les petits oiseaux qui chantent le lundi au soleil ? Très peu pour lui. D’abord parce que ce n’est pas cela qui allait lui assurer sa pitance, et puis parce que qu’est ce qu’il en savait ces gens hein ? La nature est belle ? Ouai si on veut, sauf que pour l’affirmer et en être sûr comme eux il faudrait au moins qu’ils l’expérimentent cette nature. Qu’ils viennent vivre dans une cabane sans eau ni électricité, qu’ils viennent patrouiller dans les bois, tuer les sangliers qui saccagent les récoltes et abattre les arbres qui menacent d’étouffer les autres. Alors là on en reparlera de la beauté et de la douceur de la nature.

Ce n’était pas qu’il n’aimait pas sa vie, loin de là. Il ne l’aurait changé pour rien au monde, lui, sa cabane au fond des bois et personne pour venir le déranger. Juste lui et ses chiens. Sa seule famille, un chien ça ne peut pas mentir, ça ne te poignarde pas dans le dos. Quand ça veut quelque chose soit ça se sert, soit ça le fait comprendre (en gros il te soûle jusqu’à ce que tu ai accompli ce qu’il voulait). Après ça dépend du chien, c’est sûr que si tu as un petit caniche ou un petit rat à poil court ça n’est pas la même chose.Non, lui il avait des dogues allemands le chien qui peut prendre ta tête dans sa gueule ouverte. Deux d’entre eux avaient une oreille arrachée et les autres possédaient quelques cicatrices, résultat de leurs différents avec d’autres individus, chien, animaux…Ils le suivaient partout, et quand il devait s’absenter pour affaire, ils étaient dans un chenil, aussi grand que la cabane où vivait l’homme lui-même. Et ils montaient la garde.

En bref, une vie de rêve. Loin des soirées mondaines et des futilités des gens de la ville. Lorsqu’il avait vu cette personne la première fois, courir le long du sentier, ses chiens avaient hurlé la mort, il était sorti en trombe arme à la main et avait failli dégommer l’étranger qui osait pénétrer sur ses plates bandes. Après une discussion plutôt houleuse, il avait compris que cet individu n’en voulait ni à ses bêtes ni à lui. Il…courait. Apparemment c’était devenu à la mode de courir. Bah s’il voulait courir et s’user les poumons qu’il le fasse, et tant mieux s’il se perdait. Le garde chasse n’assurait pas le service de rapatriement à la maison en cas de perte dans la forêt. Cela n’eut pas lieu d’être et depuis, tous les jours, l’individu passait à heure fixe devant la cabane du garde chasse en trottinant. Et peu à peu les chiens cessèrent de hurler.

Un matin, alors qu’il rentrait chez lui, sa cueillette de champignon sous le bras (et oui, on peut être un gros rustre et aimer les champignons) et un lapin de garenne sous l’autre. Était-ce la fatigue ou bien notre homme fut-il dérangé par les aboiements de ses fidèles compagnons ? Toujours est-il qu’il ne se rendit pas compte que l’un des végétaux qu’il incorpora dans sa mixture n’était pas vraiment..comment dire..Comestible. Après ce n’était pas vraiment sa faute, comment imaginer un seul instant qu’il ait pu cueillir ce Clitocybe (ou Pleurote de l'olivier. Pour les connaisseurs). En réalité quelqu’un lui avait glissé dans son panier subtilement, sans même qu’il ne s’en aperçoive. Lorsqu’il rentra, après avoir collé une beigne à ses fidèles amis qui avaient osé le déranger alors qu’il appréciait à faire un repas digne d’un restaurant gastronomique, il ne se rendit pas compte que le mal était fait. Le champignon avait déjà disparu dans la mixture infâme qui lui servirait de soupe.

Le soir venu, alors qu’il souffrait de maux de ventre et d’une horrible migraine. Notre garde chasse, se leva, chancelant pour aller porter à manger à ses bestiaux. Il entra dans la cage d’un pas hésitant, les repoussa rudement du poing lorsqu’ils lui sautèrent dessus et se rendit compte qu’il avait oublié les gamelles dans sa cabane et qu’il avait pris à la place son bon vieux fusil. Il se retourna pour aller les chercher, mais surprise ! La cage était fermée par une solide chaîne rouillée et plusieurs gros cadenas. Alors seulement il le vit. L’inconnu qui faisait son jogging depuis plusieurs mois non loin de chez lui. Il était derrière les barreaux (du bon côté cela dit) et il observait la scène silencieusement.

Le garde chasse sentit son sang ne faire qu’un tour. Déjà affaibli par l’excès de champignon et par leur toxicité, il se mit à hurler.

»QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ LA !! OUVREZ MOI CETTE CAGE TOUT DE SUITE ! VOUS ALLEZ VOIR ! »

Il se mit aussitôt à tirer à l’aveuglette sur cette silhouette qui semblait le narguer. Sa colère, les détonations et l’odeur de poudre affolèrent les chiens qui se mirent à bondir de plus belle et à hurler la mort. Une balle fit un ricochet sur l’un des barreaux du chenil et alla atteindre un des animaux qui devînt fou suite à la douleur. Pourquoi donc son maître lui faisait-il du mal ? Il sauta sur le garde chasse qui hurlait aux chiens de se taire, à l’individu de lui ouvrir et lui entailla le bras jusqu’à l’os.

D’ici, on ne voyait plus qu’un masse sanglante qui s’étripait. De temps à autre un couinement de chien, entrecoupé des hurlements du mastodonte qui, déjà fatigué par son intoxication, n’allait pas tardé à céder sous le nombre et la hargne de la meute. Car il était seul contre cinq. Les chiens n’allaient pas laisser l’un des leurs pour sauver leur maître, ils restaient fidèles entre eux, parce qu’ils ne se trahissaient jamais. Et là, ce soir, leur maître les avait trahis, leur avait fait du mal. La lutte ne cessa qu’au petit matin. Lorsque le plus gros des chiens, celui à l’oreille arrachée, finit par arracher la gorge de l’homme d’un coup de mâchoire. D’ici à ce que le corps soit découvert, les animaux en auraient dévoré une bonne partie.

Le coureur se déplaça enfin, s’approchant de la cage malgré le grondement sourds des animaux épuisé. Il sorti une carte de sa poche et la glissa sous le collier du chien blessé, il n’en avait plus pour longtemps à vivre celui là. Enfin, peut être qu’il valait mieux pour lui de mourir comme cela plutôt que comme les autres. Car il était certains que ces bestiaux allaient finir au cimetière une fois que l’on aurait découvert la scène. Du sang partout, des bouts de chairs qui pendaient aux barreaux, l’un des animaux avait une pâte brisée, l’autre devait être aveugle maintenant….



Sans se retourner, le coureur reprit sa course, trottinant le long du sentier afin de retourner à ses occupations.Laissant le corps d’Anthony Riggs aux bons soins de ses chiens.



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